LE TOPO DE RAPHAEL BUYSE LE 13 OCTOBRE, SESSION DE RENTREE DENAISIS
Dans l’Eglise, on se ressemble un peu les uns les autres mais nous avons tous un point commun : nous sommes baptisés. C’est ce baptême qui est la source de tous nos engagements.Il ne faut pas voir l’Eglise comme un « machin », une organisation. Pour cela, je lie le baptême à l’eucharistie.
Notre vie doit être tendue vers ce mystère.
A chaque fois que nous célébrons la messe, il y a cette phrase clé de notre existence :
« Prit du pain
Le bénit
Le rompit
Le donna
Et vous ferez cela en mémoire de moi. »
Vous ferez toute votre vie en mémoire de moi, vous déploierez toute votre existence en mémoire de moi.
« Il prit le pain »
Jésus lui même est pris par l’humanité, pour l’humanité. Toute sa vie est prise pour sa mission.
Nous sommes nous aussi « pris » par Dieu, appelé par lui ; « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis pour que vous partiez et donniez du fruit »…
Nous sommes nous aussi « pris » par Dieu, appelé par lui ; « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis pour que vous partiez et donniez du fruit »…
La personne qui est à mes côtés dans l’Eglise est appelée elle-aussi par Dieu.
« Il le bénit »Nous sommes bénis par Dieu.
Dans St Luc, l’envoi des disciples au devant de lui dans tous les villages, deux par deux. « Quand vous arriverez quelque part, souhaitez la paix… » Et ils reviennent, tout heureux : « Seigneur, ça marche, les malades sont guéris, les esprits s’en vont… » et Jésus de dire : le plus important, c’est que votre nom est inscrit dans le cœur de Dieu.
Parfois, on croit qu’il faut se tuer à la tâche, est-ce que c’est juste ?
Ce n’est pas tes succès , mais vraiment « tu as été appelé, tu es béni de Dieu ».
« Il le rompit »
Parfois il y a des gens rompus dans l‘Eglise.
Dans St Jean, après la Pâques. Jésus Ressuscité leur apparaît dans la chambre haute, mais aussi dans la vie ordinaire.
Les disciples ont repris le boulot, et vont à la pêche ; ils restent toute la nuit sans rien prendre ; y a des trucs qui ne marchent pas, on croit, on lance le filet, mais rien, personne. Il doit y avoir une inquiétude chez eux, un doute : on n’est plus capable, un trouble.
Moi, parfois, j’ai le vertige en voyant une certaine impuissance devant tous les efforts déployés, et si peu de résultats, une fatigue.
La première parole de Jésus aux gens rompus : « eh les enfants, vous avez du poisson ? »
La première parole de Jésus aux gens rompus : « eh les enfants, vous avez du poisson ? »
« ça va , la vie ? »
c’est un devoir de dire aux autres : « ça va la vie ? »
est-ce que tu as de quoi vivre ?
L’Eglise, c’est un petit peuple de boiteux. Le Seigneur nous invite à prendre soin des personnes, à faire en sorte que les gens aient le cœur en fête, de nous soucier de la vie de nos frères.
En clair, c’est l’expérience de la croix.
La vie du Christ , ce n’est pas « on s’aime entre nous… », c’est une vie de solidarité, de communion profonde dans le tragique de l’existence, c’est la conviction qu’il n’y a pas de vie abandonnée.
Nous avons la mission d’être proche des gens et de dire à chaque personne par un art de vivre, « t’es pas abandonné ! et moi, j’en suis le signe ! »
Nous sommes les mains, les yeux, les oreilles , la parole du Christ.
« Il le donna à ses disciples »Nous sommes et recevons des gens qui sont donnés.
Il n’y a rien de plus triste qu’une Eglise qui se satisfait d’elle, d’une communauté qui se ferme sur elle même.
La paroisse, c’est un petit troupeau indéchiffrable.
L’Eglise n’est pas faite pour elle-même : c’est un signe, un sacrement, une trace du Christ.
Nous, les disciples, nous sommes donnés au monde.
Nous sommes d’abord là pour eux.
On se nourrit les uns les autres, c’est une communion de destin.
C’est seulement à cette condition là que d’autres peuvent avoir le goût. La communion, le lien fraternel est une étincelle qui peut mettre le feu ; pour que d’autres aient envie de goûter le Christ.
L’unité pour que le monde croie…
Est-ce que nous nous connaissons suffisamment ? bien souvent nous vivons les uns à côtés des autres, en s’ignorant. Ce qui est important, ce n’est pas les cases, les tâches, mais un peuple.
Jamais Eglise tout seul. On n’est pas tout seul, en freelance.
Il est bon d’avoir la capacité de nous écouter les uns les autres.
Il est bon d’avoir la capacité de nous écouter les uns les autres.
On bavarde beaucoup et on ne s’écoute pas.Est-ce que j’entends dans la parole de l’autre quelque chose qui peut nourrir ma vie ?
Bellet : « cet homme là est formidable, il écoutait toujours du côté où on peut vivre… »
Ce qu’il y a de meilleur dans la vie es autres.
Parce que Jésus lui-même est comme cela.
La culture de l’appel, ça demande :
- la franchise : est-ce qu’on se dit les choses ? Jésus et ses disciples montent à Jérusalem. Les disciples se demandent qui est le plus grand. Jésus dit les choses : le plus grand , c’est le plus petit ; il prend un enfant, et demande d’accueillir l’autre comme un petit (« petit » était le nom des 1° chrétiens)
- nous supporter les uns les autres, nous porter les uns les autres…
Nous devons cultiver en nous la conscience d’être saisi par le Christ. Nous devrions toujours nous en étonner.Nous sommes bénis de Dieu quoiqu’il arrive. Il nous faut consentir à être malmené et rompu. Mais surtout à être des frères les uns pour les autres. Cultiver la conscience d’être donnés entre nous et ensemble donnés à ce monde que Dieu aime.
Dans l’échange qui a suivi :
- nous avons beaucoup de chances d’êtr aimés de Dieu… Il manque de lieux d’échange pour partager cela dans les paroisses et mouvements.
- Je ne prends jamais de décision individuellement. La vocation passe toujours par des hommes et des femmes très concrets. Jésus dans le récit d’Emmaüs , il marche avec, et petit à petit dans des pas concrets les refait naître. Il faut proposer des petits pas possibles, pas demander l’impossible. On appelle quelqu’un, on devient signes du Christ qui appelle. Lorsque je défaille, c’est souvent l’un ou l’autre qui me remet en route. Il faut cultiver la bienveillance.
- Ce n’est pas de moi même ; je ne décide pas de moi-même d’être signes du Christ. Ce sont les autres qui le ressentent et le disent.
- On peut donner après avoir été rompu, au moment où on est faible. Le témoignage ne passe pas par des blindages. Nos fragilités ne sont pas un obstacle à ‘annonce de l’Evangile, au contraire.
- La culture de l’appel ; quand on appelle des personnes, il peut y avoir des engagements suspects. C’est important de dire aux gens, qu’ils sachent ce que cela nous apportent.
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Publié le Vendredi 26 novembre 2010 - 14h41 •
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Cette page provient de la rubrique : Sainte Barbe du Hainaut / Actualités
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